L’aviation en 1917

MECHIN, David. 1917 : La Grande Guerre, du chemin des Dames aux Flandres, l’impasse. Batailles Aériennes n°81 (juillet – septembre 2017). 97 p.

Je ne suis plus un acheteur régulier de la revue Batailles Aériennes, en raison des choix de sujets et auteurs des derniers numéros (chacun ses préférences). Mais, cette fois-ci vu l’auteur (David Méchin) et le sujet, je n’ai pas hésité une seule seconde.

Comme d’habitude, on tient en mains une synthèse de très haute qualité sur l’aviation durant l’année 1917. Tout y passe : les principales forces aériennes (France – Angleterre – Allemagne), mais aussi celle plus secondaire comme la Russie Impériale (4 pages), l’Italie (5 pages), mais aussi les Ottomans (2 pages). On trouve, en outre, quelques mentions sur l’Autriche-Hongrie (malheureusement là encore le parent pauvre de toute étude sur la guerre), et les Belges. De la même façon, si l’étude se concentre essentiellement sur le front français, les autres aspects / théâtre d’opérations ne sont pas oubliés : la bataille aéronavale, le bombardement stratégique, les fronts russes et italiens ainsi que le front oriental. En passant par l’odyssée au tour du monde d’un hydravion à bord d’un fonceur de blocus allemand. On a, donc, un très large panorama de l’évolution et utilisation de l’arme aérienne durant cette avant-dernière année du conflit.

Pour le reste, les analyses de l’auteur montrent toujours un avantage certain pour la France, que ce soit au niveau de son industrie avec la sortie de modèles d’avions parmi les meilleurs, d’une capacité à adapter son organisation opérationnelle en fonction des besoins et des évolutions (une remarque déjà signalée dans l’ouvrage de François Cauchet et Rémy Porte sur l’Armée française), mais aussi pas l’excellente formation de ses pilotes. Preuve, accessoirement, que le système politique de la IIIe République, tellement décriée pour son instabilité, n’était pas si mauvais pour la prise de décision. La comparaison avec les Britanniques est ici assez flagrante en raison d’un matériel souvent inférieur (ou des difficultés à produire en nombre les bons modèles) et d’une capacité qualitative en termes de personnel très moyen. Il est vrai qu’à la lecture des taux de pertes hallucinants (12% de l’effectif initial du 9 avril au 30 avril 1917 ; 49% de l’effectif enragé durant la Bataille des Flandres), il était difficile d’imaginer quand on pense au flux d’arrivée nécessaire de nouveaux équipages – pilote et donc le raccourcissement des périodes de formation. Cercle vicieux classique. Il est étonnant qu’aux vues de ces lourdes pertes, que le commandement britannique reste attaché à sa doctrine de l’emploi offensif. Effectivement, il ne faisait pas bon de servir au sein du RFC.

Comme les trois numéros précédents, encore une excellente synthèse, vivement l’année prochaine pour l’année 1918.

À noter aussi une iconographie très riche.

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